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Pédagogie et vulgarisation
26/8/2022

Circuits courts et grande distribution

4 min. de lecture
Clément Szuszkin
Consultant en développement durable

La crise du Covid-19 et les restrictions de mobilité ont servi de contexte pour un accroissement des pratiques d’achat en circuit court :

➡️ En 2022, 78,9% des Français.e.s déclarent vouloir continuer à acheter plus de produits locaux après la crise

➡️ La préférence pour les marchés a augmenté de 10 pts: 50% des Français déclarent préférer y faire leurs courses aujourd’hui 🧺

➡️ 30% se fournissent directement chez les producteur.trice.s 🧑 🌾

Le circuit court🏡:

se définit comme « un processus commercial avec au maximum un intermédiaire entre production et consommation». Il est nécessaire de compléter cette définition avec le critère de la « proximité » géographique, relationnelle et culturelle. La proximité serait un premier jalon vers la consommation responsable. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), la consommation responsable est celle qui tient compte de son “impact sur la qualité de la vie humaine, dans toutes ses dimensions : la santé, la gestion des ressources naturelles, l'économie, la gestion de l'espace, la qualité de l'environnement, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la vie sociale, la culture, etc.”

Aujourd’hui, les circuits courts sont présents internationalement 🌎 :

Community Supported Agriculture (CSA) aux États-Unis et en Grande-Bretagne, RECIPROCO au Portugal, GAS en Italie, Amap en France, etc chacun avec ses spécificités. Mais ils réapparaissent d’abord au Japon dans les années 1960. A La suite des premiers scandales sanitaires (Minata sur la contamination par métaux lourds), des mères japonaises s’organisent en Teikei (提携)coopération avec un paysan local en qui elles ont toute confiance. En échange d’un apport de capital anticipé, elles bénéficient d’aliments (produits laitiers, produits frais) cultivés localement.

Les supermarchés traditionnels se sont également engagés dans cette voie du local 🛒:

Il faut noter que les cadres de sourcing sont extrêmement variés (de 50km à 100Km) et que le nombre de petit.e.s producteur.trice.s parmi les fournisseur.euse.s, varie énormément.

Le cœur de la communication diverge :

➡️ Protection des savoir-faire locaux et du patrimoine culinaire

➡️ Impact environnemental : Même si ces propos doivent être nuancés selon le type de production (intensif, extensif, biologique, …) et la chaîne logistique

➡️ Soutien à l’économie locale : mais attention, tout ce qui est local ne vient pas des petit.e.s producteur.trice.s !

Néanmoins les circuits-courts restent considérés comme un segment différenciant plus que comme une stratégie au global.

L’offre de proximité a donné lieu à des nombreuses innovations organisationnelles contemporaines:

Au-delà des marchés ou des Amaps on compte:

➡️ Les plateformes de producteur.trice.s qui concentrent les contacts voire l’offre des petit.e.s producteur.trice.s: (La Ruche qui dit Oui !, Cagette.net, Locavor.fr, Bio et Local, 1000pro.fr) 💻

➡️ Les Supermarchés fermiers (O'tera France, Ō Fermier) 🏡

O’Tera a été une des premières chaînes à proposer une offre en circuits-courts au cœur de la ville (Lille) 👩 🍳🥨:

La stratégie est celle d’une offre ambitieuse : 60 % des produits vendus sont sourcés dans un rayon de moins de 50 km

La relation aux fournisseur.euse.s est basée sur une communication valorisante (affichage des profils producteur.trice.s en magasins et sur le site internet), une logique de justes prix (discutés avec l’agriculteur.trice), une logique de transparence (affichage des marges en magasin) et une démarche de contribution des producteur.trice.s aux initiatives d’offre produits.

La relation client est caractérisée par un côté ludique et participatif, possibilité de libre-cueillette sur les parcelles de certains magasins et organisation de rencontres avec les producteur.trice.s.

Le supermarché Ō Fermier, ouvert à Paris (17ème) par Damien Bodard, a approfondi ce concept en créant une stratégie d’offre de proximité, à 99% française. Il y’a le parti pris de ne pas vendre de produits importés et de créer une offre diversifiée provenant d’artisan.e.s bio.

Dernière les circuits courts on trouve donc les enjeux de liens sociaux au sein des territoires ruraux, ou bien dans la reconstruction du lien ville-campagne.

Mais se pose néanmoins la question de l’accessibilité économiques de ces initiatives 💁:

Comment éviter le piège "bobo" qui réduirait considérablement l’impact de ce système alimentaire ?

Un bel exemple d’initiative qui fait le lien entre contrainte économique et enjeux sociétaux : le distributeur « Hors Normes – horsnormes.co » propose des paniers de fruits et légumes bio livrés à domicile en moyenne 40% moins chers que dans le commerce. Le discount est rendu possible car les produits vendus sont des fruits et légumes « hors normes », c’est-à-dire trop gros/petits/tordus pour la grande distribution, qui auraient fini à la poubelle sans cette initiative.  

Newwell illustration

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