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Actualités réglementaires et technologiques
15/12/2021

Crédit carbone : quoi, comment, qui ?

3 min. de lecture
Valérie Lerat
Consultante en développement durable

La réponse aux enjeux environnementaux et climatiques nécessite d’atteindre nos objectifs de réduction de Gaz à Effet de Serre (GES). 2 stratégies principales s’affichent pour répondre à ces objectifs : réduire à la source nos émissions et compenser nos émissions résiduelles par l’achat de crédits carbone.

Comment fonctionne la compensation des émissions résiduelles ?

Il s’agit d’un mécanisme de financement par lequel une personne, physique ou morale, substitue partiellement ou totalement à une réduction à la source de ses propres émissions, en achetant auprès d’un tiers une quantité équivalente de crédits carbone.

Principe : une certaine quantité de GES émise dans un lieu peut être « compensée » par la réduction ou la séquestration d’une quantité équivalente de GES en un autre endroit.


Par exemple, un projet de reforestation permettant de séquestrer 5 000 tonnes de CO2 pourrait engendrer la création de 5 000 crédits carbone pour le porteur du projet. Une entreprise cherchant à compenser 500 tonnes de ses émissions résiduelles pourrait acheter 500 crédits à ce porteur de projet.


Ce mécanisme concerne les acteurs qui ne sont pas soumis à la contrainte réglementaire du marché carbone visant leurs émissions de GES (le marché volontaire se distingue du marché de conformité : voir cet article) et ceux qui voudraient dépasser leurs obligations légales.

Il existe 2 manières principales pour compenser :

➡️ Projets de séquestration : soutenir des projets actifs de décarbonation en sponsorisant directement des puits de carbone (à travers la reforestation par exemple)

➡️ Projets d’évitement : soutenir des projets liés aux énergies renouvelables en sponsorisant des projets de déploiement des technologies de production énergétique renouvelable ou projet visant à utiliser l’énergie de manière plus efficiente

Quels projets de réduction / séquestration se voient attribuer des crédits carbone certifiés* ?

Les projets doivent respecter un certain nombre de critères définis par les organismes de certification. Dans le monde, 2 entités font référence en la matière, il s’agit des organismes Verra et Gold Standard. En France, c’est l’organisme « Label Bas Carbone », créé par le Ministère de la Transition Ecologique en 2019, qui délivre les crédits.

Qu'est-ce que le Label bas-carbone ? | Ministère de l'Agriculture et de la  Souveraineté alimentaire

Pour être certifié, un projet doit respecter 4 critères principaux :

➡️ Projet additionnel : sans les fonds liés à la démarche de compensation carbone volontaire, le projet ne verrait pas le jour

➡️ Mesure : les émissions de GES évitées ou séquestrées doivent pouvoir être mesurées

➡️ Réduction effective : il faut pouvoir vérifier la séquestration ou la réduction effective des émissions de GES

➡️ Unicité des crédits : il doit être possible de vérifier l’unicité des crédits carbone délivrés

Environ 120 projets en France ont été certifiés par le Label Bas Carbone et de nombreux autres sont en cours de présentation de leurs méthodes de réduction afin de se voir attribuer les crédits relatifs. Le prix de la tonne de carbone est très variable sur le marché volontaire (car beaucoup moins réglementé que le marché de conformité et dépendra du type de projet concerné), mais il se situe entre 5 et 50 € la tonne.

Néanmoins, il est important de souligner que la compensation carbone n’est et ne sera jamais la solution au réchauffement climatique anthropique (de conséquence humaine). L’objectif reste et restera la réduction à la source de nos émissions car il n’existe pas assez de puits de carbone naturels ou technologiques pour compenser l’ensemble de nos émissions résiduelles.

De plus, la valeur climatique réelle de la compensation peut être contestée. Selon une étude menée par l’institut allemand Oko-Institut, sur 5 655 projets, près de 85% d’entre eux avaient une faible probabilité de fournir les réductions d’émissions attendues et de répondre pleinement au critère d’additionnalité du projet.

*Il est possible de vendre des crédits carbones non certifiés, c’est à l’acheteur de ses crédits de procéder à des mesures de vérifications concernant la fiabilité du projet.

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